L'impôt sur les sociétés en Hongrie : 9 %, le taux le plus bas d'Europe

Tu t'interroges sur la fiscalité des entreprises en Hongrie et tu as entendu parler du taux à 9 % ? C'est le taux d'impôt sur les sociétés le plus bas de l'Union européenne et de l'OCDE, en vigueur depuis 2017. Dans cet article, je t'explique comment se calcule cet impôt, ce qu'il donne une fois les dividendes pris en compte, et pourquoi ça attire de plus en plus d'entrepreneurs français.

L'IS à 9 % est l'argument massue pour entreprendre en Hongrie. Voici comment il fonctionne vraiment, au-delà du chiffre.

Pourquoi 9 % ? Le contexte de la fiscalité hongroise

Un taux forfaitaire unique, sans progressivité

Le taux d'IS hongrois est fixé à 9 % flat sur l'ensemble du bénéfice imposable, qu'il soit distribué ou réinvesti. Avant 2017, il existait un barème en deux tranches : 10 % sur les 500 premiers millions de HUF, puis 19 % au-delà. Tout ça a été supprimé en 2017 avec l'entrée en vigueur du taux unique.

Aucune distinction selon la taille de l'entreprise ou le secteur d'activité. Une PME d'un associé et un grand groupe paient exactement le même taux. Flat, prévisible, sans CFE ni surprise fiscale en fin d'année.

L'autorité fiscale compétente : la NAV

La NAV (Nemzeti Adó- és Vámhivatal, l'Administration nationale des impôts et douanes) collecte l'IS en Hongrie. L'impôt est déclaré annuellement, avec un paiement final exigible cinq mois après la clôture de l'exercice. Des acomptes trimestriels s'appliquent aux sociétés dont l'IS dépasse un certain seuil.

La Hongrie est membre de l'Union européenne : ses règles fiscales sont encadrées par le droit européen, ce qui offre une vraie sécurité juridique à toute implantation.

Comment se calcule l'impôt sur les sociétés en Hongrie ?

L'assiette imposable : revenus mondiaux moins charges déductibles

Les sociétés enregistrées en Hongrie, comme la KFT (équivalent hongrois de la SARL française), sont imposées sur leurs revenus mondiaux. Les succursales de sociétés étrangères, elles, ne sont imposées que sur les revenus de source hongroise.

La base de calcul part du résultat comptable, auquel on soustrait les charges liées à l'activité : salaires, loyers, achats, amortissements, frais de recherche et développement. Les investissements en R&D ouvrent droit à des déductions supplémentaires, ce qui peut encore réduire l'assiette imposable.

Exemple chiffré : de 10 000 € de CA à moins de 700 € d'IS

Voici un exemple concret pour te projeter tout de suite. Une KFT réalise 10 000 € de chiffre d'affaires et supporte 3 000 € de charges déductibles. L'assiette imposable est donc de 7 000 €. À 9 %, l'IS dû représente 630 €.

Le même exemple en France, avec un IS à 25 %, aurait généré environ 1 750 € d'impôt, soit presque 3 fois plus. Le bénéfice net après IS peut ensuite être distribué en dividendes ou réinvesti dans la société.

Critère Hongrie (KFT) France (SARL)
Chiffre d'affaires 10 000 € 10 000 €
Charges déductibles 3 000 € 3 000 €
Bénéfice imposable 7 000 € 7 000 €
Taux IS 9 % 25 % (taux normal)
IS dû ~630 € ~1 750 €
Bénéfice net après IS ~6 370 € ~5 250 €
Taxes locales type CFE / taxe pro 1 à 2 % du bénéfice brut (taxe locale) CFE variable selon commune
Retenue dividendes (personne physique) 15 % 12,8 % + 17,2 % PS = 30 %

Comparaison avec la France : l'IS hongrois en perspective européenne

9 % contre 25-26 % en France

La moyenne de l'IS dans l'Union européenne tourne autour de 21 à 22 % : la Hongrie se situe donc à moins de la moitié de cette moyenne. C'est ce chiffre qui pousse de plus en plus d'entrepreneurs européens à regarder sérieusement une implantation hongroise.

Pour replacer dans le contexte européen : l'Irlande est à 12,5 %, la Bulgarie à 10 %, l'Allemagne à environ 30 % en combinant fédéral et local. La Hongrie reste la fiscalité d'entreprise la plus compétitive de l'UE sur ce critère.

Ce que la Hongrie n'applique pas, et qui surprend souvent les entrepreneurs français

Quand tu arrives de France, il y a quelques bonnes surprises fiscales que tu ne vois pas forcément venir :

  • Pas de CFE ni d'équivalent direct à la cotisation foncière des entreprises.
  • Pas de retenue à la source sur les dividendes versés à des sociétés non-résidentes : si tu détiens ta KFT via une holding étrangère, les dividendes remontent sans imposition à la source en Hongrie.
  • Exonération totale des dividendes reçus et des plus-values au niveau de la société, sous certaines conditions, ce qui rend la Hongrie particulièrement intéressante pour les structures holding.
  • Plus de 80 conventions fiscales bilatérales signées, dont une avec la France, pour éviter toute double imposition sur les mêmes revenus.

Au-delà de l'IS : l'imposition globale avec les dividendes

Dividendes versés à une personne physique : 15 % supplémentaires

Une fois l'IS payé, si tu veux te verser le bénéfice en tant que personne physique, une retenue de 15 % s'applique sur les dividendes distribués. Ce taux vaut aussi bien pour un résident fiscal hongrois que pour un non-résident, sauf convention fiscale plus favorable.

Si le bénéficiaire des dividendes est une société non-résidente, aucune retenue à la source n'est appliquée côté hongrois. Avantage structurel notable pour les holdings étrangères qui détiennent une KFT.

Imposition combinée : IS + dividendes, quel taux effectif global ?

Reprenons l'exemple concret avec les chiffres vérifiés :

  • Bénéfice imposable : 7 000 €
  • IS à 9 % : environ 630 €
  • Bénéfice net disponible après IS : environ 6 370 €
  • Dividendes à 15 % sur 6 370 € : environ 955 €
  • Charge fiscale totale : environ 1 585 € sur 7 000 € de bénéfice, soit environ 22,6 % effectif combiné

Ce calcul entièrement flat te permet de te projeter sans surprise. Pas de rattrapage, pas de tranche qui saute en cours d'année. Tu sais exactement ce que tu vas payer dès le premier jour, ce qui change concrètement la façon de gérer sa trésorerie.

Les autres taxes à connaître pour une entreprise en Hongrie

La TVA (ÁFA) : taux élevé, mais prévisible

Le taux standard de la TVA hongroise (ÁFA) est de 27 %, le plus élevé d'Europe. C'est le point qui surprend le plus les entrepreneurs français, autant le savoir tout de suite. Des taux réduits existent : 5 % pour l'hébergement hôtelier, la restauration (hors alcool), les médicaments, les livres et de nombreux produits alimentaires de base ; 18 % pour certains aliments (produits laitiers, céréales) et l'accès à certains événements culturels.

En dessous de 18 millions de HUF de chiffre d'affaires annuel (environ 45 000 €), tu peux opter pour la franchise de TVA et ne pas la facturer. Au-delà de ce seuil, tu deviens redevable et tu la factures normalement. Le numéro de TVA, lui, est attribué automatiquement dès la création de la société. La TVA payée sur les achats professionnels est récupérable, comme en France.

La taxe professionnelle locale (Helyi iparűzési adó)

Les municipalités hongroises prélèvent une taxe professionnelle locale (Helyi iparűzési adó) dont le taux varie entre 1 % et 2 % du bénéfice brut (revenus moins dépenses directes d'exploitation). À Budapest, le taux appliqué est généralement de 2 %. Son assiette et son montant restent bien inférieurs aux contributions locales françaises.

Cotisations sociales employeurs

Si tu embauches des salariés, l'employeur verse 13 % du salaire brut au titre de la taxe de contribution sociale (szocho), depuis la réforme de 2022 qui a supprimé la contribution formation séparée. Les salariés acquittent de leur côté 18,5 % de cotisations salariales (10 % retraite, 7 % assurance maladie, 1,5 % marché du travail).

Sans salarié, une holding ou société de portage peut être structurée de façon à minimiser considérablement ces charges. C'est un point à travailler avec un comptable qui connaît le cadre hongrois.

Optimisation fiscale en Hongrie : ce que permet la loi

La fiscalité hongroise offre plusieurs leviers d'optimisation légaux, encadrés par le droit de l'Union européenne (directives ATAD et BEPS). On n'est pas sur du montage offshore : on est au sein d'un État membre UE, avec des règles stables et vérifiables.

  • Incitations R&D : les dépenses de recherche et développement peuvent être déduites à 200 % de leur montant réel sous certaines conditions, ce qui réduit très significativement l'assiette IS.
  • Exonération des plus-values sur cession de participations : une KFT peut détenir des filiales étrangères sans impôt sur la plus-value de cession, sous conditions de détention et de substance économique.
  • Régime IP box : les revenus tirés de brevets et de propriété intellectuelle bénéficient d'un traitement fiscal favorable.
  • Conventions de double imposition : plus de 80 traités signés permettent d'optimiser les flux de dividendes, intérêts et redevances entre entités, sans risque de double taxation.

L'optimisation fiscale en Hongrie se fait dans le cadre légal. Ce n'est pas une zone grise : c'est un État membre UE qui a fait le choix politique d'une fiscalité compétitive pour attirer les entreprises. La différence avec un paradis fiscal, c'est que tout est transparent, documenté et opposable.

FAQ : tes questions sur l'impôt société en Hongrie

Quel est le taux d'imposition sur les sociétés en Hongrie ?

Le taux de l'impôt sur les sociétés en Hongrie est de 9 % depuis 2017. C'est le taux forfaitaire le plus bas de l'Union européenne et de l'OCDE. Il s'applique à l'ensemble du bénéfice imposable, sans progressivité ni différenciation selon la taille de l'entreprise. Avant la réforme de 2017, il pouvait atteindre 19 %.

Quels sont les impôts pour les entreprises en Hongrie ?

Une entreprise enregistrée en Hongrie est principalement soumise à trois niveaux de prélèvements : l'IS à 9 % sur le bénéfice imposable, la TVA (ÁFA) à 27 % sur les ventes (avec taux réduits selon les secteurs), et la taxe professionnelle locale (Helyi iparűzési adó) entre 1 % et 2 % du bénéfice brut selon la commune. Si elle emploie des salariés, elle verse également une contribution sociale patronale (szocho) de 13 % du salaire brut.

Comment fonctionne la double imposition entre la France et la Hongrie ?

La France et la Hongrie ont signé une convention fiscale bilatérale qui évite qu'un même revenu soit imposé deux fois. Si tu es résident fiscal hongrois et que tu perçois des revenus de source française (ou inversement), la convention détermine quel pays impose en priorité, et l'autre accorde un crédit d'impôt ou une exonération pour éviter le cumul. C'est un point à vérifier avec un comptable lors de toute création de KFT par un ressortissant français.

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